FANTASTIQUES mondes flottants – Visite guidée de La Sucrière à Lyon

Le millésime 2017 de la Biennale d’art contemporain de Lyon met à l’honneur les Mondes flottants. Forcément entre Rhône et Saône, ce thème nous parle… Mondes flottants certes, mais pas que…

Ce que j’ai retenu personnellement de ma visite récente à la @lasucrierelyon, avec Fanny Ventre, géniale médiatrice Veduta, et avec mes voisins de la Coursive D’entreprises Saint-Fons ce sont des moments sensoriels intenses… Des émotions visuelles, sonores, tactiles ET olfactives incroyables ! Suivez le guide et laissez la magie opérer.

Mondes flottants, une invitation au voyage avec des codes visuels pas banals

 

Biennale Lyon mondes flottants

Dans un monde où la question des migrations est (re)devenue centrale, Marco GODINHO, artiste d’origine portugaise, propose une réadaptation de son œuvre « Forever Immigrant ». Armé d’un tampon de type administratif apposé des milliers de fois sur la façade de la Sucrière et les murs internes de l’exposition, l’artiste nous invite à nous questionner sur notre appartenance ou pas à un territoire donné. Personnellement je suis lyonnaise et fière de l’être ! Et vous ?

Plus exotique ou plus tendance, Tomas SARACENO propose « Hyperweb of the present ». Il s’agit de la complexité et de l’interconnexion du monde qui nous entoure interprétés par… une araignée ! Laquelle poursuit, sous nos yeux ébahis, son fabuleux travail de tissage !

Toujours en lien avec le tissage, l’allemand Hans HAACKE fait un sympathique clin d’œil aux soyeux lyonnais avec son système de voilage blanc. Une fois plié, il tient dans un mouchoir de poche. Mais déployé de plain-pied sur le béton de la Sucrière et simplement mu par quelques ventilateurs, cette œuvre offre à notre regard des myriades. Ces vagues d’un océan immaculé réfléchissent la lumière de façon spectaculaire… Mondes flottants quand vous nous captivez les sens !

Mondes flottants : le tactile pas en reste

Biennale Lyon mondes flottants

On n’a pas le droit de la toucher, certes, mais « Cloud canyons » la sculpture de mousse du philippin David MEDALLA nous parle de douceur. Celle du lait de coco de l’enfance de l’artiste, d’une savonnerie marseillaise ou encore d’une brasserie irlandaise. Mais derrière ce côté plaisant se cachent aussi les stigmates des bombardements dont fut victime Manille pendant la 2nde guerre mondiale.

Biennale Lyon mondes flottants

Lara ALMACERGUI, artiste espagnole, présente quant à elle, les vestiges d’une ancienne chaudronnerie implantée fin 19ème siècle à Confluence. La Halle Girard, car c’est de ce lieu que l’on parle, est en effet en train de se refaire une beauté. Objectif : accueillir d’ici 1 an une quarantaine de startups lyonnaises en format « Totem numérique ». Sauf que la réhabilitation de ce lieu passait avant tout par sa dépollution. Exit donc le « Mâchefer », titre de cette œuvre qui nous propose de réfléchir sur le caractère éphémère des bâtis et des espaces qui nous entourent.

SONORITES déroutantes et Mondes flottants

Biennale Lyon Sonorités mondes flottants

« Sonic Fountain » de l’américain Doug AITKEN m’a fait pour sa part penser à un Yellowstone inversé. Un immense geyser qui exploite toute la démesure d’un des silos de la Sucrière. Sauf que l’eau se déplace ici de haut en bas dans un ballet subtilement orchestré. Et « orchestré » n’est pas un mot jeté en l’air. En effet l’artiste nous joue une partition minutée de sons que font les gouttes d’eau quand elles viennent frapper le sol de l’installation, captées par des microphones.

C’est à une autre artiste américaine, Camille NORMENT que l’on doit « Prime ». C’est sans doute l’une des œuvres de cette biennale Mondes flottants qui m’a à ce jour le plus déroutée. En effet, c’est bien la première fois de ma vie que j’écoute de la musique « par les fesses » ! Ne soyez par pitié pas choqués. Ces vocalises étonnantes vous transpercent littéralement tout le corps, assis que vous êtes, face à la Saône que vous contemplez d’en haut… Un moment unique en son genre !

ET l’olfactif alors dans les mondes flottants ?

Biennale Lyon Migration mondes flottants

Le mexicain Hector ZAMORA présente pour sa part « Synclastic / cuticlastic ». J’avoue que je n’ai pas trop compris à la lecture du livret décrivant l’œuvre (Fanny Ventre n’a pas eu le temps de nous la décrypter). Toujours est-il qu’esthétiquement parlant, j’ai trouvé cette installation très belle. Une autre invitation à la migration vers des contrées porteuses de richesses. Une autre oeuvre qui fait écho à ma fascination pour les oiseaux migrateurs auxquels j’ai consacré un morceau d’article l’an dernier (en franco lyonnais, je vous le conseille !)

Et ici les tampons « Forever immigrant » reviennent en force et m’évoquent des nuées odorantes.

Cerise sur le gâteau des Mondes flottants : l’« eau de rose » de Thierry Boutonnier et ses supers lutins

Eau-de-rose Lyon Biennale mondes flottants

Fin septembre, un post sur Facebook d’OlfaPhily et OlfaGones avait déjà mis en lumière cette «œuvre d’art à planter, à faire grandir, à récolter et à partager ». Depuis février dernier ce beau projet a engagé quelques centaines d’habitants des communes de Lyon 7, Givors, Vaulx-en-Velin, Saint-Cyr au Mont d’Or et Rillieux-la-Pape.

Hier j’ai eu la chance de participer à un déjeuner convivial sur Rillieux-la-Pape. Les lutins venaient d’y tailler les quelques 70 plants de rosiers de Damas dont ils sont parrains et marraines. Ce projet initié par Thierry Boutonnier et porté par Veduta a permis au tout début de cet été l’extraction par alambic d’une précieuse eau de rose qui fait la fierté de tout le collectif. Caractère ponctuel de la Biennale d’Art Contemporain oblige, ces habitants se sont constitués en association pour pérenniser l’expérience.

Si je n’avais pas déjà lancé La Roseraie du Parc, j’aurais tant aimé travailler avec ce collectif avec qui je partage :

  • nombre de valeurs autour du développement durable au sens large
  • ET l’amour du parfum et des matériaux nobles.

Voici par exemple à quelques mots près ce que j’ai pu entendre de la bouche de Thierry Boutonnier hier :

  • « Ce qui m’importe dans l’art c’est l’humain …le côté non marchand …la résilience »
  • « Je recherche l’appropriation par tous de leur environnement proche »
  • « Casser le modèle automobiles/parkings qui a poussé beaucoup trop loin l’individualisme au cœur de nos cités fait partie de mes moteurs»

MERCI encore pour ce pur moment de bonheur olfactif et artistique !

POST SCRIPTUM : les 5 eaux de rose produites cette année sont à découvrir à l’espace café, proche de l’entrée de l’exposition à la Sucrière, enjoy!

Et pour retrouver l’histoire étroite liant la région lyonnaise et la rose c’est par ici !

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